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Partir à la découverte des spiritueux

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Du calva à la bénédictine

Germaine, noël des champs, petit jaune…Le manoir d’Apreval a retenu 17 variétés de pommiers. Près d’Honfleur, ils produisent un calvados doublement distillé, c’est la règle en pays d’Auge. Associé au jus de pomme, il devient un pommeau fort prisé à l’apéritif. Après une dégustation modérée, cap sur la Haute-Normandie via l’écomusée de la Pomme et du Cidre pour parfaire votre culture du fruit…et des oies.
Encore 12 kilomètres et voici Fécamp et son exubérant palais-usine dédiée à une liqueur. Ici, tout porte l’empreinte d’un certain Alexandre Le Grand qui découvrit en 1863 la recette oubliée d’un élixir de 27 plantes et épices et en fit la célèbre Bénédictine.

La mirabelle d’or

On ne peut que sourire en montant sur une balance qui indique que l’on pèse l’équivalent de 7 652 mirabelles ! Mais l’intérêt reprend vite le dessus dans cet espace contemporain dédié à cette petite prune dorée, dont 70 % de la production mondiale provient de la région de Meurthe-et-Moselle. Celle qui « est belle à voir « et surtout à goûter, se récolte de mi-août à fin septembre. En particulier ici, dans les vergers qui entourent le petit village typique de Rozelieures.

Après la visite, place à la dégustation d’eaux-de-vie mais aussi de pastis, vodka ou bières aromatisés, sans oublier toutes sortes de friandises. les curieux découvriront que les alambics transforment aussi les fleurs de mirabellier en parfum, L’Or du Verger, et l’orge devenu malt en un whisky lorrain aussi unique qu’épicé et tourbé. Il vous reste des envies ? Direction Nol à 70 kilomètres, côté Vosges. Depuis 1820, Lecomte-Blaise distille fruits du verger, baies, fleurs et racines pour en faire de réjouissantes boissons, proposant même une Libertine à base d’absinthe.

La passion du genièvre

« C’est tout le soleil du Nord qui réchauffe le gosier », entend-on dans le commentaire du film diffusé à la distillerie Persyn, dans le Pas-de-Calais. Nul doute avec 40 % d’alcool pour la version jeune, voire 49 % pour la Carte noire, ambrée après cinq ans en fut.  Aux céréales brassées trois heures, fermentées trois jours, s’ajoutent en fin de parcours les baies de genièvre. L’eau-de-vie de grain qui en résulte, anc^tre flamand du gin, fait la fierté de Houlle, dernier village français producteur avec Wambrechies, en banlieue lilloise.

Dans les alambics du cognac

S’il est une région qui doit une fière chandelle aux Anglais et aux Hollandais, c’est bien celle-ci. C’est en effet pour le transport vers l’Europe du Nord et la conservation d’un vin charentais assez médiocre qu’on eut l’idée de le distiller et de la maintenir en fût de chêne. Ajoutez une seconde distillation et vous obtiendrez un cognac, toujours aussi apprécié à l’étranger puisqu’exporté à 97 %. Si l’on produit cette eau-de-vie de vin blanc d’Angoulême à l’île de Ré, c’est à Cognac même que les grandes maisons règnent. Otard a même installé ses chais dans le château natal de François Ier ! Il en résulte une passionnante visite entre salles historiques et caves humides où vieillit au mieux le nectar. Parmi les cinq autres grandes maisons se détache Martell, la plus ancienne, avec sa demeure du XVIIIe siècle.

Noircie sur les quais par les champignons amateurs de vapeurs alcoolisées (la part des anges), la vieille ville ne manque pas d’intérêt avec ses colombages, ses pierres blondes et ses hôtels particuliers comme le ludique musée des Arts du cognac… Il ne pourra que vous inciter à découvrir les petits producteurs qui élaborent vins de pays, pineaux et cognacs de caractère, parfois en bio, tel Brard Blanchard aux portes de la ville. Vous voilà bien partis pour suivre le fleuve jusqu’à Bourg-Charente où le château abrite les alambics du Grand Marnier, puis Jarnac aussi fameux pour ses maisons de négoce comme Courvoisier, le cognac de Napoléon, que pour son coup d’épée ou pour avoir donné naissance au plus célèbre « tonton » du pays !

Un pieux secret, la Chartreuse

Que diable les moines mettent-ils dans leur liqueur ? De la mélisse ? De l’anis ? De la réglisse ? Sans doute puisque pas moins de 130 plantes et épices entrent dans sa composition. Et pas la peine de se fier à la « salle des Herbiers », le secret n’a que deux dépositaires ! La recette exacte de la chartreuse verte remonte à 1764, d’où un anniversaire fêté en grande pompe avec une exposition et un site internet dédiés. Mais l’élixir de longue vie dont elle est issue se trouve dans l’escarcelle de l’ordre monastique depuis 1605. Voilà qui ne l’empêche pas de remplir shakers et verres à cocktail, après avoir aromatisé le champagne du tsar Nicolas II ou inspiré Scott Fitzgerald dans Gatsby le magnifique.

Depuis 1935, la quinzaine de distillations et les 7 ou 8 macérations nécessaires se déroulent à Voiron, dans les plus grandes caves à liqueur du monde. On y voit les foudres de chêne où la chartreuse verte vieillit pendant au moins deux ans. Mais c’est au sein du monastère de la Grande- Chartreuse, à 25 kilomètres, que les 18 tonnes de plantes annuelles sont triées, broyées et mélangées. Vous n’en verrez que le mur d’enceinte, l’ordre vivant reclus.

Dans une dépendance, un musée propose néanmoins un aperçu de la vie monastique.En descendant du massif de la Chartreuse, n’hésitez pas à vous arrêter à la distillerie Meunier. Le génépi, plante alpine fort appréciée dans la région, s’y décline en dix variantes. Les amateurs de cerises pousseront jusqu’à Bourgoin-Jallieu. La société Cherry Rocher en a fait son emblème, proposant crèmes et apéritifs par dizaines, ainsi qu’un musée des liqueurs avec des caves voûtées du XVe siècle

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