Les charmes des Cyclades

Du rocher confetti battu par les flots à la grande Naxos, l’archipel grec des Cyclades est le fleuron de la mer Égée. À la suite des dieux et des marins, laissez-vous séduire.

Des panoramas enviés du monde entier

  • Au Nord de l’île de Santorin, le village d’Oia offre le point de vue le plus connu de Grèce, si l’on met hors concours l’acropole d’Athènes. Couronnée de bleu par sa coupole, la plus célèbre chapelle du pays se penche sur les perspectives impressionnantes de la rade, un volcan inondé. À peine moins réputée est la plongée sur la cascade des toits du chef-lieu de l’île, Thira, sur les bords sud du cratère.
  • Mykonos-ville, capitale de l’île, est aussi riche en boutiques de luxe que les Champs-Élysées parisiens. Elle doit beaucoup de sa réputation à son port, où une photogénique batterie de cinq moulins fait face au spectacle romantique de maisons aux balcons multicolores, léchées par les vagues.
  • Paros, l’île de marbre, est vantée pour ses villages perchés et la jolie église « aux cent portes » qui remonte à l’époque byzantine. Le coup d’œil qu’on ne manquerait pour rien au monde reste cependant l’entrelacs insolite des tavernes, de la chapelle et des bateaux de pêche de Naoussa, à n’en pas douter le port le plus photographié de l’archipel.

Les reliefs de la grandeur antique

  • L’île sanctuaire de Délos, site archéologique majeur du pays, rend les honneurs au visiteur avec son allée des Lions. Lieu de naissance d’Apollon et d’Artémis, point de ravitaillement en eau des marins antiques, elle conserve des citernes, des villas à mosaïques et un musée rassemblant statues et offrandes. Éparpillés, les temples dédiés aux divinités de toute la Méditerranée invitent à la flânerie avant de rembarquer – les dieux seuls logeant sur place;
  • La Portara, ainsi baptisée par l’ex-occupant vénitien, est l’enseigne de Naxos, qu’on voit dès l’accostage. Entrée d’un temple jamais fini, son design vante les carrières où dorment les statues inachevées de dieux juvéniles. Il y a 6000 ans, leur marbre inspira aux sculpteurs le futurisme des statuettes cycladiques, trouvées aussi à Amorgos et Syros.
  • Le théâtre de Milos exalte le passé de cette pile volcanique où l’on découvrit une Vénus de 100 avant J.-C. – plutôt une Aphrodite – désormais icône numéro deux du Louvre, derrière une certaine Mona Lisa.

Un art de vivre tout en décontraction

  • Entre « taverna » (auberge) et « kafenio » (café), la vie quotidienne reste marquée par la tradition dans les villages cycladiques qui s’étendent en général à l’abri d’un kastro (le château fort vénétien). À pratique aussi sans hésiter le peripatos, la promenade vespérale sur la place centrale.
  • La musique et la danse sont indissociables de la vie grecque. Capitale des Cyclades, Syros a donné le jour à Markos Vamvakaris, musicien rebelle et prince du bouzouki. Il redonna à l’instrument un prestige qui ne s’est plus démenti : à la faveur de la crise, ses chansons anticonformistes sont reprises par la jeunesse insulaire.
  • Les jeux sont très en faveur en Grèce, du komboloi (chapelet) qu’on tripote pour calmer sa nervosité, aux échecs, en passant par le loto et autres jeux de hasard. Le plus apprécié reste le tavli , forme de backgammon.

La mer au quotidien

  • Les bateaux de pêche sont très nombreux dans ce grand pays d’armateurs et de grands marins. Ils doivent satisfaire la gourmandise nationale en fruits de mer, poulpes et poissons. Pour faire face à la demande, le pays est obligé d’en importer.
  • Les ferries sont un vrai bonheur pour découvrir les îles au hasard. Les liaisons les plus insolites sont celles dites « à fonds perdus », allusion non à l’état des coques de navires, mais à leur rentabilité relative. Mais il s’agit de desservir tout l’archipel.

L’empreinte profonde du surnaturel

  • Le monastère féminin de Panagia Chozoviotissa, près de Chora sur l’île d’Amorgos, a été bâti à flanc de rocher par Alexis Comnène, l’empereur byzantin de la première croisade. Ces guerres religieuses se sont soldées par la conquête des Cyclades par Venise. Cela explique l’importante population catholique, rare sur le continent. Les orthodoxes, qui dépendent encore du patriarcat d’Istanbul, restent cependant majoritaires.
  • La crainte des forces cachées perdure, tel le mati (le mauvais œil). On s’en protège en crachotant ou en portant un talisman de verre bleu dessinant une pupille.L’angoisse immémoriale d’offenser un dieu, un saint, voire un ange grimé en étranger , a favorisé le sens de l’accueil des insulaires. À la campagne, on vous reçoit avec un loukoum et un verre de marc, ce qui n’interdit pas de retourner le balai ou jeter du sel quand le visiteur se révèle importun : cela empêche son retour.

Un littoral multi-activités

  • Randonner le long des côtes découpées, au fil des sentiers muletiers, est inoubliable. À la clef, des baignades surprise dans des criques peu fréquentées, voire insoupçonnables.
  • Les plages des Cyclades sont belles, agréables, dotées de quelques tavernes à grillades, rarement démesurées. En revanche, leur nombre a suggéré, ainsi à Mykonos, d’en réserver quelques-unes au naturisme ou à de bruyantes fêtes nocturnes.
  • Les fonds marins se prêtent à la découverte de la faune et des épaves, à la pêche aux éponges ou…à l’apnée : c’est sur l’île d’Amorgos que fut tourné le film qui a popularisé cette discipline, Le Grand Bleu.

Des goûts forts et simples

  • Les « mezedes » sont des entrées que les Grecs prennent volontiers en guise de repas : taramosalata (œufs de poisson), oktapodi (poulpe grillé), kefte (beignet),boureko (feuilleté, salé ou sucré)… Il est d’usage de partager, voire de faire goûter à la table voisine.
  • Le vin hésite entre « retsina » (blanc protégé des fermentations par la résine) et les nectars sucrés des îles volcaniques. L’ouzo (marc distillé avec l’anis étoilé) reste la boisson nationale.

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